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Le « Petit Nicolas » est-t-il un prisonnier politique ?

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Existe-t-il aujourd’hui des prisonniers politiques en France ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît, mais laissez moi en douter. En première approche, les démocraties ne reconnaissent pas le statut de prisonniers politiques, du moins en leur sein. Ainsi, le Conseil de l’Europe a déterminé ce statut selon cinq critères dont s’inspire le droit international. Détention imposée en violation des libertés fondamentales (pensée, conscience, expression, association). Détention pour des raisons politiques sans rapport avec une infraction. Disproportion pour des raisons politiques entre la durée ou les conditions de détention et la gravité de l’infraction. Discrimination d’une personne par rapport à d’autres pour des raisons politiques. Irrégularité de la procédure de jugement pour des raisons politiques. Pour être considéré comme un prisonnier politique, le détenu doit remplir au moins l’un des cinq critères définis officiellement. De ce point de vue, les deux notions semblent être comme l’huile et l’eau, s’il y a un statut de prisonnier politique, c’est qu’il n’y a pas de démocratie et inversement. Le raisonnement est le suivant : il ne peut pas y avoir de prisonniers d’opinion dans une démocratie puisque chacun y est libre d’exprimer cette opinion.  Du fait de ce droit d’expression, le recours à la violence ne peut pas être considéré comme possédant une forme de légitimité politique. Dans un régime autoritaire où le pouvoir en place censure le jeu des opinions pour empêcher l’émergence d’un contre-pouvoir, la violence peut être conçue comme le seul moyen d’exprimer une opposition politique. Au contraire, si cette expression est toujours possible – dans l’affrontement des discours qui a pour but le consensus démocratique – alors la violence ne peut pas reposer sur des raisons politiques du même ordre que celles du pouvoir en place. Elle est hors jeu. Le cas du Petit Nicolas La violence qui ne provient pas de l’ordre démocratique retombe donc nécessairement sur le droit commun, sa répression par l’emprisonnement......

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